L'avion décollera mardi, 13h35. Douze heures de vol, trois heures d'escale, deux heures et demi de vol, Hanoï. D'ici là, des questions sans réponse sur les risques de paludisme, un parcours que l'on essaye de planifier sans nous faire d'illusion sur l'inertie de certains départs ni sur l'anarchie des trajets, des petits achats, moustiquaire, anti-moustique, chaussures de marche, pansements, on a pensé aux pansements ?
Il y aura Hanoï, il y aura les tribus du Nord, des baies, des jonques, des plages et des jungles. Il y aura le communisme, les drapeaux rouges, les visites cérémonieuses sur la tombe d'Ho Chi Minh, le gazon des parcs taillés aux ciseaux, les vieilles dames aux chapeaux pointus qui vendent des légumes dans des chapeaux ronds, des vélos, des bus et des trains bondés. Il y aura des clichés : je chercherai cette plage où un colonel avait surfé, Gwen cette baie orangée d'où se découpait Deneuve.
Il y aura plein de choses, on ne saura pas ce que l'on y trouvera. Les fantasmes y sont plus vagues, plus flottants que pour le Brésil. Je pars à l'inconnu, je me rends pas encore compte à quel point, et c'est tant mieux. Nous verrons bien ce que j'aurai à raconter dans le premier cybercafé trouvé dans les rues d'Hanoï. Il y aura du bruit dehors, sûrement. L'air sera un peu moite, la lumière un peu faible, et je serai distrait du clavier par la vie alentour. Vivement tout ça.
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