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02.06.2004

Frangipanier

Nous avons monté des centaines de marches, trempé nos t-shirts, refusé en souriant des dizaines de bouteilles d'eau fraiches, nous avons utilisé, comme on nous l'avait appris, le chapeau conique des filles pour nous faire de l'air. Toute cette sueur, toutes ces marches, pour les voir, ces temples, ces pagodes, ces mausolées, parfois installés, chiches, au fond d'une grotte monumentale, parfois surgissant d'une jungle, quelquefois roccocos a souhait ou d'un luxe exubérant. Mais toujours majestueux, capables de vous donner des indices de leur faste passé même lorsqu'ils ne sont plus que ruines, à la fois imposants et lénifiants, des lieux surchargés qui sont aussi des havres de paix, des lieux de vie, de repos, dans lesquels les grands mères et les enfants s'endorment à l'unisson à même le sol, où les moines devisent peinards avec quelques minettes, où, surtout, règne une odeur savoureuse, celle des fleurs de frangipaniers, tendres hélices blanches et jaunes qui pleuvaient sur notre passage. J'aimerai en faire du thé.

Les mausolées des environs de Hué, la Pagode des cinq parfums. Tout cela, il faut le voir. Maintenant, vous m'excuserez, je vais manger des vapeurs...

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